Ivan Demidov « capable de produire dès le jour 1 »
L’engouement entourant la venue d’Ivan Demidov à Montréal est justifié, selon les intervenants interrogés par Radio-Canada Sports. Malgré son jeune âge, l’attaquant russe devrait rapidement être en mesure de contribuer aux succès du Canadien, avancent-ils. Raphaël-Pier Richer a pu le voir à l'œuvre de près cette saison, puisqu'il est adjoint à l'entraîneur Benoît Groulx pour le Traktor de Tcheliabinsk dans la Ligue continentale (KHL). Le Gatinois connaissait seulement Demidov de nom à son arrivée en Russie, mais il a rapidement appris à le découvrir. Il possède un très haut niveau d'habiletés, et il a beaucoup de confiance. Il peut facilement attaquer et battre les défenseurs à un contre un. Il est assez incroyable. Devin Brosseau a joué deux saisons avec le Red Star de Kunlun avant de se joindre à l'Amour de Khabarovsk. Photo : Courtoisie / Red Star de Kunlun Brosseau se souvient de son premier contact avec Demidov l'année dernière. Le jeune homme jouait alors dans la MHL, la ligue junior russe. Celui qui a grandi comme partisan du CH a gardé un œil sur lui, sachant que l'équipe de son enfance avait une chance de le repêcher en 2024. Je pense que le monde ne réalise pas encore la chance que le Canadien a eu de le sélectionner. Les partisans ont donc raison de s’emballer, selon lui. En jouant dans l'association adverse, Raphaël-Pier Richer et ses hommes n’ont eu à lui faire face que deux fois cette saison en KHL, dont une fois en fin de calendrier, le 18 mars dernier. Le Traktor avait réussi à le contenir dans une victoire de 4-2. Demidov avait d’ailleurs terminé la soirée à -3, mais il s’agit d’une exception. La plupart du temps, l’ailier de 1,85 m (6 pi 1 po) parvient à s’inscrire au pointage. Il a terminé la campagne avec 49 points en 65 matchs malgré un temps de jeu limité, rappelle McCagg. Ivan Demidov a été repêché par le Canadien le 28 juin 2024, à Las Vegas. Photo : Getty Images / Bruce Bennett Cela rend ses exploits encore plus spectaculaires aux yeux de Richer. Cette expérience témoigne aussi de la maturité du jeune homme, selon Devin Brosseau. Il se souvient notamment du premier affrontement entre son équipe et le SKA cette saison, où Demidov avait été cloué au banc pour toute la rencontre. L’entraîneur Richer voit un peu d’Evgeni Malkin dans le jeu de Demidov, même si le jeu des comparaisons est toujours compliqué. Matvei Michkov a récolté 59 points à ses 76 premiers matchs dans la LNH. Photo : AP / Nick Wass Devin Brosseau a aussi eu l'occasion de jouer contre Matvei Michkov, repêché au 7e rang l'année avant Demidov. Il y a une certaine comparaison à faire, car dans les deux cas, il y avait un certain battage médiatique. Il est vraiment bon pour se créer de l'espace, pour tirer ou pour ouvrir un jeu. En anglais, on dit deceptive. Il est bon pour tromper l'adversaire. Raphaël-Pier Richer a également travaillé avec l’équipe canadienne des moins de 18 ans lors du tournoi Hlinka-Gretzky, auprès de joueurs nés en 2005 comme Ivan Demidov. Selon lui, le Russe possède une longueur d’avance indéniable dans son développement. Selon l’ancien entraîneur des Olympiques de Gatineau, l’adaptation de Demidov devrait se faire rapidement, mais il y aura quand même une période d’ajustement à prévoir. L'entraîneur Raphaël-Pier Richer est devenu le plus jeune entraîneur de l'histoire de la KHL à diriger un match lorsqu'il a pris la relève de Benoît Groulx dans un match contre l'Avangard, en mars 2024. Photo : Instagram : hc_traktor Depuis 2019, la KHL a pris un virage vers des glaces plus petites, comparables à celles que l’on voit en Amérique du Nord. La surface sur laquelle jouait Ivan Demidov avec le SKA fait 60 m par 26 m, alors que le Centre Bell fait 61 m par 26 m, le standard dans la LNH. Il prévoit que Lane Hutson et lui pourront faire mal paraître bien des adversaires ces prochaines années. C’est un gars qui a beaucoup de poise (d'aplomb) avec la rondelle
.Incroyable
est également le mot qu'utilise Devin Brosseau pour décrire le nouveau joyau du Tricolore. L'attaquant québécois connaît bien la KHL, dans laquelle il vient de conclure sa troisième saison. Depuis l'annonce de l'arrivée de Demidov à Montréal, il est bombardé de messages de ses proches qui veulent en savoir plus à son sujet. Et il n'a que du positif à dire. Mon père m'a écrit, ses amis, mon frère, ses amis. J'étais surpris, je pensais qu'il se joindrait seulement à l'équipe l'an prochain. Je leur ai répondu que c'était réellement un joueur spécial
, ajoute-t-il.
L'équipe junior de notre ville accueillait l'équipe de Demidov. Après l'entraînement, on est resté pour voir le match. C'était épatant déjà. On voyait qu'il n'avait plus rien à prouver au niveau junior
, raconte-t-il.Il est le meilleur joueur à l’extérieur de la Ligue nationale de hockey
, lance d’emblée Grant McCagg, responsable du site web Recrutes, spécialisé dans l’évaluation des jeunes espoirs. Il était également le meilleur joueur en KHL cette saison.
Demidov joue à un niveau élite, tout simplement. Ce n’est pas seulement un joueur qui peut marquer des buts en avantage numérique, il peut te battre de nombreuses façons. Donc, pour cela, je suis sûr qu’il va produire dès son jour 1 dans la LNH
, indique-t-il.Faire beaucoup avec peu
Il jouait en moyenne 13 minutes par match et il figurait quand même parmi les meilleurs pointeurs du circuit. C’est lui qui possède la meilleure moyenne de points par tranche de 60 minutes de toute la KHL
, ajoute celui qui a travaillé comme recruteur pour le Canadien de 2009 à 2011. 
La KHL n’est pas une ligue de développement nécessairement. Les clubs sont ici pour gagner, et lui était dans une formation remplie de talents. Qu’il ait été capable de se démarquer et de décrocher un rôle dans le top 6, c’est très impressionnant
, précise-t-il.Ça prend un bon mental de savoir que tu ne vas pas jouer ou être le 13e attaquant même si tu es l'un des meilleurs marqueurs du club, dit-il. Ça pourrait nuire à la confiance. Mais lui, ça ne l'affectait pas, il revenait toujours plus fort. Je pense que ça va lui servir comme attitude, surtout à Montréal, avec la pression.
Il n’a pas le même gabarit, il est un peu plus petit, mais sa capacité à battre un adversaire à un contre un me fait penser à Malkin. La façon dont il patine, la façon dont il contrôle la rondelle. Il est bon pour entrer en zone adverse et couper au centre. Ce n’est pas facile, il a cette agilité sur patins pour le faire. Il sait comment trouver de l’espace à l’intérieur
, note-t-il.
Lui aussi, c'est un joueur exceptionnel, il a vraiment une bonne intelligence hockey. Et là, il a une excellente année dans la LNH. Il y aura une période d'adaptation pour tout le monde, mais je pense que Demidov sera encore meilleur. Il est une coche au-dessus, côté patin, lancer, maniement
, mentionne-t-il.On avait de très bons joueurs
, indique-t-il, faisant en outre référence aux Zach Benson et Matthew Wood, qui ont déjà atteint la LNH. Mais ils n’étaient pas au même niveau que Demidov. Lui, il démontrait des choses impressionnantes contre des hommes. C’est vraiment différent que jouer contre ses pairs à 17 ou 18 ans.
Il ne part pas des rangs universitaires américains ou du junior, il part de la Russie, souligne-t-il. Il y aura un changement de culture, un décalage horaire. Mais sur la glace, il n’y aura pas beaucoup de différences. Il est habitué à jouer sur des glaces de dimensions LNH.

Il n’y a plus que huit glaces en Russie qui sont dans un format hybride entre le format olympique et celui de la Ligue nationale
, dit Richer.Même les vedettes n’arrivent pas nécessairement dans la ligue en faisant 100 points à leur première saison
, affirme pour sa part McCagg, rappelant que Guy Lafleur avait eu besoin de quelques saisons avant de véritablement prendre son envol. Mais je crois que les partisans et l’équipe seront de toute façon patients avec lui.
Ils vont tordre beaucoup de chevilles en jouant ensemble
, conclut-il de façon imagée.
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